Dans le paysage du jazz européen, Michel Benita n’est ni le plus véhément, ni le plus envahissant des contrebassistes. La discrétion est dans sa nature, l’efficacité aussi. Certains parlent de droiture à son égard.

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Avec Drastic, il ajoute aujourd’hui la surprise au rang de ses qualités. Michel Benita n’a envisagé de vivre de son talent que lorsqu’il a atteint la vingtaine. Installé à Paris au début des années 1980, il a dès lors tout fait pour se rattraper, et comme souvent chez ceux qui sont venus à la musique sur le tard, son investissement l’a conduit à multiplier les expériences et à triballer son instrument auprès de tous ceux qui faisaient appel à ses services. Le nom des jazzmen auprès desquels il a apporté sa contrebasse dans ces années forme un Who’s Who du jazz qui se joue alors en France, où les légendes américaines (Lee Konitz, Horace Parlan, Charlie Mariano) côtoient les valeurs sûres européennes (Daniel Humair, Bobo Stenson, Enrico Pieranunzi).

Où les futurs amis de toujours (Peter Erskine, Aldo Romano, Antoine Hervé)

se mêlent aux gigs d’un soir avec des musiciens de passage.

Rude école, belle école, de club en club et sur la route, qui a libéré ses doigts des contraintes de la technique, et lui a valu d’être considéré comme l’un des contrebassistes les plus prometteurs. C’est tout naturellement qu’il intégra les rangs du premier Orchestre National de Jazz, qui sous la houlette de François Jeanneau, rassemblait, en 1986, la fine fleur d’une nouvelle génération de musiciens hexagonaux.